Joanacaëra - ile aux iguanes/ ile au serpents- nom amérindien de la Martinique .
Le Blog de J-M prof en Martinique depuis 4 ans témoigne du mouvement social qui a touché la Martinique depuis Le 5 février 2009.
Voilà maintenant une semaine que la grève générale est terminée. Lundi 16 Mars a eu lieu la rentrée générale, l'île a donc fonctionné au ralenti pendant 46 jours. Tout le monde s'accorde pour qualifier l'évènement d'historique. Le mouvement a atteint ses objectifs.
Photo France -Antilles Un barrage au carrefour Mahault pendant la grève.
Son efficacité, c'est d'avoir réussi a bloquer la Martinique durant plus d'un mois et d'avoir obligé les grandes surfaces à fermer durant toute la grève. la zone industrielle a été bloquée par des barrages, ainsi que le port, les containers se sont entassés durant la grève. il a fallu détruire cette semaine des tonnes de produits alimentaires. Certains accusent le mouvement de grève d'avoir mis à terre l'économie martiniquaise et prévoient dèjà la disparition des milliers d'emplois. Le collectif du 5 février a en fait suspendu la grève, certaines commissions continuent à se réunir. Les conflits concernant la reprise du travail se sont multipliés en début de semaine. Dès le lundi les embouteillages ont refait leur apparition , la vie "normale" a repris son cours. On note néanmoins une diminution de la fréquentation des supermarchés, de plus , les "clients" scrutent les prix avec attention. certains accusent la grande distribution d'avoir augmenté ses prix avant la baisse de 20 % qui doit intervenir le mois prochain.
Dimanche 22 Mars Une marche pour réclamer "la récupération des terres békées "était organisée.Ils étaient environ deux cents, à fouler le sol de la côte Atlantique sud à l'occasion de ce qu'ils ont baptisé : « un convoi pour la terre ». A la tête de cette manifestation : Garcin Malsa, maire indépendantiste de Sainte-Anne et président de l'association le MIR (Mouvement international pour les réparations). Beaucoup portaient le teeshirt du collectif. L’objectif de cette marche est de réclamer que les terres des békés reviennent aux martiniquais. Ils se sont arrêtés près du cap est mais ont finalement renoncé à y pénétrer.
La mairie de Sainte Anne affiche la couleur le noir, le vert et le Rouge-symbole de la "souffrance noire" du temps de l'esclavage"Garcin Malsa en est le maire, il est indépendantiste et écologiste. Le drapeau martiniquais est devant le drapeau français.
un autre monde est possible
Ces trois couleurs furent d’abord celles des bandeaux qu’arboraient autour du front certains insurgés de septembre 1870 lors de la grande révolte des ouvriers agricoles du Sud de la Martinique . Ensuite, dans les années 1970, il est repris par le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) et dans les années 1980 par le MODEMAS (Mouvement des Démocrates et Ecologistes Martiniquais pour la Souveraineté) . C’est le MODEMAS et son président Garcin Malsa qui déploient le plus d’efforts pour imposer ces trois couleurs, en le mettant au fronton de la mairie de Saint-Anne . Le drapeau noir, vert et rouge a été très présent lors des manifestations de février.
Plusieurs conférences sont prévues cette semaine pour évoquer l'insurrection du Sud, à cette occasion un planteur blanc-béké- particulièrement détesté pour sa cruauté fut assassiné. Cet épisode a été longtemps occulté . La répression fut terrible, l'espoir né de la naissance de La troisième république fut étouffé dans le sang. Il est vrai que l'abolition de l'esclavage en 1848 ne s'était pas traduit par l'amélioration de la condition des anciens esclaves .
Pour en savoir plus sur l'insurrection du sud :
Vers midi devant la préfecture : le matin des milliers de manifestants ont accompagné les membres du collectif jusqu'à la préfecture pour la signature des accords, la manifestation est joyeuse.
Sculptures devant l'Atrium -centre culturel de fort de France- Les artistes ont pris une place non négligeable dans la mobilisation.
Un podium a été dressé devant la maison des syndicats
Un autre podium a été installé devant l'Atrium. Le spectacle est retransmis sur écran géant.
Malgré les apparences , ces 35 jours de grève générale ouvrent une nouvelle époque pour la Martinique.
Mardi 10 Mars et Lundi 9 Mars La grève se fait moins dure, désormais il y a de l'essence, Les lycées ont ouvert les services publiques fonctionnent au ralenti, les négociations continuent. Les supermarchés sont toujours fermés. Lundi une manifestation a eu lieu, ce soir les négociations continuent à la préfecture. Dimanche 8 Mars
Pour la journée des femmes, dans le cadre du mouvement social, des martiniquaises réunies à l'initiative de l' Union des femmes de La Martinique -qui appartient au collectif du 5 Févier-partent en manifestation de la maison des syndicats et déposent une motion à la préfecture.
George Arnaud représente l'UMF . La suppression des crédits alloués à cette association menace l'existence des cellules d'écoute mise en place pour venir en aide aux femmes victimes de violences.
Manifestation de soutien au comité du 5 février et contre les violences policières . Les "bekés" sont toujours la cible des manifestants. Environ 5000 personnes manifestent dans une ambiance bonne enfant. La semaine qui s'annonce sera décisive et difficile pour les grévistes. Le soutien unanime de la population n'est plus de mise. De nombreuses voix dénoncent, les grévistes et réclament que le blocage cesse,cela fait 30 jours que l' île est paralysée.
La fleur du balisier symbole du PPM, un clin d'oeil à Aimé Cesaire.
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La manifestation est un succés, la mobilisation reste forte, le collectif s'en trouve renforcé.
Folle journée : provocations, répression, mobilisation.
La grève entre dans une phase délicate, la population est de plus en plus divisée, des voix de plus en plus nombreuses réclament la fin du blocage de l'ile, pourtant le collectif a renforcé les barrages. Dépêche AFP
"De violents incidents ont éclaté vendredi en Martinique autour du siège du collectif qui mène le mouvement de grève générale, dont l'homologue guadeloupéen maintenait la pression pour une application générale de l'accord sur une augmentation des bas salaires.
Des incidents ont éclaté dans l'après-midi sur la rocade de Fort de France, en marge d'une opération escargot menée par des chefs d'entreprise et agriculteurs contre le blocage de l'île depuis plus d'un mois. Des jeunes, y voyant une "povocation", avaient pris à partie les manifestants et les gendarmes mobiles étaient intervenus, tirant des lacrymogènes.
Des accrochages sporadiques, jets de bouteilles contre tirs de lacrymogènes, se sont ensuite déplacés vers le centre ville, notamment aux abords de la Maison des syndicats, quartier général du "Collectif du 5 février". L'avenue qui la borde était entrecoupée de feux de détritus et de cartons.
Le député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy (Parti progressiste martiniquais, PPM, app-PS), sur le terrain depuis le début de l'après-midi pour tenter d'apaiser les tensions, a été pris en charge par les pompiers à la Maison des syndicats "pour un malaise après avoir trop respiré de gaz lacrymogènes", mais son état n'était pas jugé inquiétant."
Cette dépêche ne donne qu'un aperçu de ce qui s'est réellement passé, pourtant la journaliste présente sur le terrain avait honnêtement rendu compte des faits qui se sont déroulés ce jour là comme en témoignent les photos qui suivent, les chefs d'entreprises en question, parfaitement connus de la population appartiennent à la communauté "beké" - parmi eux des membres de la famille Despointes, Deraynal, Hayot- les tracteurs sont conduits par des ouvriers agricoles, payés pour cela.
Les gendarmes mobiles ont arrosé le quartier populaire de Trennelle de gaz lachrimogènes provoquant la colère de la population.Dans le quartiers se trouvaient en effet des femmes agées et des enfants dont certains ont été pris de malaises.
Il faut encore préciser que les grenades ont été lancées dans la maison des syndicats provoquant la panique des manifestants qui y étaient pacifiquement rassemblés- par la suite le préfet a parlé de bavures-Les manifestants ont par la suite "obligé" pacifiquement la police à reculer. Le collectif a ensuite demander aux personnes rassemblées de rentrer tranquillement chez elles et à venir manifester paciquement et massivement le lendemain.
Il est à noter que les médias nationaux n'ont rendu compte que très partiellement des évènements qui se sont déroulés à Fort de France ce vendredi 7 Mars.
En début de matinée les tracteurs de la manifestation patronale ont tenté de forcer le barage
mis en place par le collectif, un tracteur abandonné par son conducteur
130 camions et tracteurs pour manifester contre la grève une démonstration de force ou une provocation. Ceux qui conduisent les tracteurs sont des ouvriers agricoles, ils ont été payés pour manifester- parmi eux des employés d'Hayot et de Despointes-.
Manifestation patronale
De son portable il coordonne la manifestation, selon lui , un des leur a été agressé, les manifestants représentent tout les secteurs économiques de l' île- agriculture-banane, canne, commerçants, grande distribution, BTP- il revendique le droit de manifestation et la liberté du travail.Il s'insurge contre le collectif. Ils avaient l'intention de manifester dans Fort de France avec les tracteurs. IL semble qu'ils aient de nouveau tenté en début d'après-midi de forcer le passage pour pénétrer dans la ville. Ils se sont heurtés aux barrages mis en place par des jeunes manifestants et par le collectif. Jusque là les patrons étaient restés très discrets, les déclarations racistes d'Alain Huygues Despointes dans le documentaire de Canal Plus expliquaient sans doute cela.
Si les ouvriers agricoles sont dans les tracteurs , les patrons sont venus en 4X4
Il raconte à la journaliste de l'afp qui l'interroge qu'il s'est fait braquer, écraser son téléphone portable que les manifestants sont des voyous ,des drogués qui cherchaient du fric pour acheter leur came. quelques instants plus tard il en rigole, il est responsable du secteur banane de l'habitation Clément,
Le plus jeune des fils Hayot tente de forcer le barage qui
barre l'entrée de Forty de France.
Le plus jeune des fils Hayot se heurte aux manifestants , veut-il passer en force ? Il est bousculé et ne doit son salut qu' à l'intervention du collectif. La manifestation des "békés" est ressentie comme une provocation. Peu après les gardes mobiles chargent.
Sur la rocade les policiers reçoivent des pierres et des bouteilles.
Serge Letchimy maire de Fort de France essaie de s'interposer, il demande à la police de se retirer peu après il aura un malaise. Au moment où il tente de calmer les manifestants, il reçoit une grenade à ses pieds.
Siège du Parti Populaire Martiniquais fondé en 1956 par Aimé Césaire, tout un symbole, des gaz lacrymogènes sont lancés sur le toit du bâtiment.
A plusieurs reprises le quartier populaire de Trenelle est noyé sous les lacrymogènes , la population est scandalisée. Place du 22 Mai dédiée à l'abolition de l'esclavage .
Bloqués et encerclés par la population, ils peuvent enfin se dégager , serge Lechimy a sans doute obtenu du préfet le retrait de la police.
Les manifestants tentent de faire reculer les policiers , ils mettent en avant le drapeau martiniquais
"première victoire " les gendarmes se retirent.
M. de Reynal a abandonné sa voiture sur la rocade
on distingue des pierres tout autour.
Quelques minutes après sa voiture est en flamme Un habitant du quartier a récupéré son permis de conduire il a l'intention de le lui rendre.
Devant la maison des syndicats dans laquelle les gendarmes mobiles ont envoyé des grenades lacrymogènes. Les manifestants vont faire reculer la police aux cris de nous sommes les mains nues, vous êtes armés.
Bilan de la journée , les manifestants semblent avoir déjoué les "provocations du patronat". Mais celui-ci continue son offensive, il ne reviendra à la table des négociations que lundi après midi.